24heures Montréal | Autisme et recherche d’emploi
Client : 37e AVENUE pour 24heures Montréal
Lien vers l’article original

 

Trouble du spectre de l’autisme et recherche d’emploi

Lorsqu’on vit avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), doit-on en avertir son employeur au moment du recrutement ? Y a-t-il un intérêt à dévoiler sa différence dans ce contexte ?

Dévoilement de son TSA : une décision personnelle

Légalement, les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme ne sont pas tenues de révéler leur condition à un employeur. Cette décision se prend au cas par cas. « Cela peut dépendre des accommodements nécessaires pour travailler », explique Martine Kurtzweg, directrice du développement chez Auticonsult, une entreprise de services informatiques employant uniquement des consultants autistes Asperger. Néanmoins, force est de constater que de nombreux autistes n’accèdent pas, ou mal, au monde du travail « Certains occupent des emplois alimentaires alors qu’ils sont ingénieurs », déplore cette spécialiste. Le recrutement, comme l’intégration, peut en effet se compliquer du fait des aptitudes sociales demandées, et des problématiques corollaires au TSA (comme l’anxiété, le TDAH ou les sensibilités sensorielles). Divulguer son état autistique permettrait donc de déclencher une compréhension, puis un accompagnement adéquat de l’employeur.

Connaissance de soi et des entreprises ouvertes au TSA

Le succès de la recherche d’emploi d’une personne autiste relève surtout de sa connaissance d’elle-même, et du choix de son milieu de travail. « Notre processus de recrutement est long, avec une rencontre, des tests de compétences et des ateliers sur le monde professionnel, précise Bruno Wicker, PhD, président d’Auticonsult. Il aboutit par la définition du profil complet du candidat, avec ses forces et les choses sur lesquelles nous allons l’épauler pour être sûr qu’il sera heureux dans son travail. » Cette démarche est également offerte dans des services publics d’employabilité qui, tout comme Auticonsult, guident ensuite les personnes autistes vers des entreprises prêtes à s’adapter à leur réalité. « C’est très difficile pour certains de se représenter ce que c’est de travailler dans une entreprise, déclare M. Wicker. Il s’agit pour nous de déceler les organisations qui ont une certaine maturité sur le sujet, et de rester vigilants face à celles qui abuseraient d’eux en profitant de leur très grande capacité de travail. »

Un monde du travail plus inclusif

« Tout comme la société en général, les entreprises sont de plus en plus ouvertes au fait que les personnes autistes peuvent travailler, se réjouit Mme Kurtzweg. C’est un beau mouvement, qui encourage les candidats à dévoiler leur TSA, voire à en faire un avantage. » En effet, le « coming out » de certaines personnalités, et les campagnes de sensibilisation auprès du grand public et des sphères professionnelles commencent à démocratiser ce trouble et à combattre certaines idées reçues. Mais beaucoup de chemin reste à parcourir. « Il y a encore des entreprises qui ont une peur quasi irrationnelle du handicap et qui vont refuser tout accommodement », prévient M. Wicker. D’où la nécessité pour les personnes autistes de se faire accompagner pour développer leur plein potentiel au sein d’un milieu de travail qui se concentre sur leurs capacités, et non sur leurs manques…

Add Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *